Hypothermie de Arnaldur Indridason

Après la lecture de plusieurs Donna Leon, je poursuis mon été « polars » avec Hypothermie de l’Islandais Arnaldur Indridason. Comme à son habitude, le journaliste et critique de cinéma, avec son personnage principal, Erlendur Sveinsson, tient son lecteur en haleine et déroule méthodiquement son histoire : une jeune femme répondant au nom de Maria est retrouvée pendue dans son chalet d’été. Tout corrobore la thèse du suicide y compris l’état dépressif de la victime qui, deux ans après le décès de sa mère, ne semble pas s’être remise de la disparition de cette dernière. L’amie d’enfance de Maria n’y croit cependant pas et fait tout pour convaincre le commissaire Erlendur Sveinsson d’ouvrir une enquête. Elle lui remet alors une cassette sur laquelle est audible la voix de Maria et d’une autre personne dont les propos font penser à celui d’un médium. J’ai lu ce livre en 24 heures tant l’intrigue est prenante. Vous ne devriez pas vous ennuyer. En prime, de belles ambiances d’automne islandais et de lacs gelés.

Extrait, pages 21 et 22 : « Erlendur arriva au volant de sa voiture devant un banal pavillon de la banlieue de Grafarvogur, isolé au fond d’une impasse qui donnait sur une jolie rue résidentielle. Les maisons se ressemblaient toutes plus ou moins, peintes en blanc, en bleu, en rouge, avec leur garage et deux voitures garées devant. La rue était bien éclairée et proprette, les jardins soigneusement entretenus, l’herbe coupée, les arbres et les buissons taillés. On voyait des haies aux angles droits où qu’on pose le regard. Le pavillon paraissait un peu plus ancien que les autres constructions, il n’était pas dans le même style, n’avait ni bow-windows, ni colonnades prétentieuses devant l’entrée, ni véranda. Il était peint en blanc, surmonté d’un toit plat et, de la grande baie vitrée du salon, on voyait le Kollafjördur et la montagne Esja. Un charmant jardin joliment éclairé entourait la maison entretenue avec soin. Les buissons de potentille arbustive ou rampante, les roses sauvages et les pensées avaient été tués par l’automne.

Le froid des jours précédents avait été inhabituel, une bise piquante avait soufflé du nord. Le vent sec poussait les feuilles tombées des arbres le long de la rue et jusqu’au fond de l’impasse. Erlendur gara sa voiture et leva les yeux vers la maison. Il prit une profonde respiration avant d’entrer. C’était le second suicide en une seule semaine. Peut-être était-ce l’automne et la perspective de l’hiver froid et sombre qui s’annonçait ». Arnaldur Indridason.

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