La Cité des Jarres de Arnaldur Indridason

Un septuagénaire a priori sans histoire est retrouvé chez lui, dans son salon, le crâne fracassé par un cendrier. Un crime crapuleux pourrait-on penser de prime abord. Sauf que rien ne manque dans l’appartement de Monsieur Holberg. Il a donc été tué pour une autre raison, ce qui induirait une préméditation. Mais tue-t-on quelqu’un avec un cendrier lorsqu’on prémédite son geste ? Et que signifie ce mot rapidement griffonné et laissé bien en évidence sur le cadavre ? Le commissaire Sveinsson a bien du mal à imaginer ce qui a pu se passer. Tout comme les lecteurs de ce polar paru en 2000 qui a reçu pas moins de trois prix littéraires. Si vous ne lisez qu’un polar cet été, choisissez celui-ci. L’intrigue est complexe mais très bien menée. C’est pourquoi il vous faudra le lire rapidement afin de bien conserver en tête les détails de l’enquête et le nom des personnages satellites parfois difficiles à mémoriser.

Extrait, pages 45 et 46 : « Ils commencèrent par interroger le pilote. Il avait la quarantaine, vivait seul et son appartement ressemblait à une décharge : des vêtements éparpillés de tous côtés, deux valises posées sur un canapé neuf, des sacs plastiques provenant de la boutique duty free de l’aéroport de Keflavik, des bouteilles de vin sur les tables et des canettes de bière ouvertes partout où il était possible d’en mettre. Le pilote lui-même vint ouvrir la porte, mal rasé, vêtu d’un maillot de corps et d’un short. Il regarda les deux hommes, les invita à entrer en les précédant dans l’appartement sans prononcer un mot et se laissa tomber sur une chaise. Ils se tenaient debout devant lui. Ne trouvaient pas de place où s’asseoir. Erlendur regarda alentour et se fit la réflexion qu’il ne mettrait même pas un pied dans un simulateur de vol accompagné de cet individu. Pour une raison quelconque, le pilote se mit à parler de la procédure de divorce dans laquelle il était engagé en disant qu’il se demandait en quoi cela pouvait intéresser la police. Cette chienne l’avait trompé. Il était en vol. Un beau jour, en rentrant d’Oslo, cette ville ennuyeuse, ajouta-t-il, si bien qu’ils ne savaient pas si ce qui l’ennuyait le plus était le fait que sa femme le trompait ou bien celui d’être obligé de passer la nuit à Oslo, il était parti là-bas avec un vieux copain d’école…». Arnaldur Indridason.

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