Couverture l'île des oubliés de Victoria HislopAlexis, jeune britannique tout juste diplômée en archéologie décide, pendant l’été, de se rendre en Crète. C’est là que sa mère, Sophia, y est née et a grandi, dans le village de Plaka, juste en face de l’île de Spinalonga. Une île qui, entre 1903 et 1957, a accueilli la principale colonie de lépreux grecs. Grâce à Fotini, une amie de sa mère, Alexis apprendra bientôt que son arrière grand-mère y a été exilée. Une information qui en entraine une autre, puis une autre encore, jusqu’à ce qu’Alexis dévide entièrement le fil de son histoire familiale.

L’île des oubliés se laisse lire assez facilement même si j’ai trouvé que Victoria Hislop mettait du temps à poser ses personnages et à nous emmener dans son histoire. L’île de Spinalonga existe et a effectivement accueilli des colonies de lépreux, au début du vingtième siècle, dans des conditions, on s’en doute, très difficiles. J’ai apprécié L’île des oubliés en partie pour cet aspect historique et l’histoire romanesque que narre Victoria Hislop. Je regrette cependant l’écriture parfois facile du récit, c’est-à-dire emplie de clichés, d’expressions toutes faites. Il faudrait sans doute lire ce livre dans sa version originale pour être en mesure de trancher sur ce point.

Extrait, page 122 : « Ce soir-là, Spinalonga devint la patrie des vingt-trois Athéniens. Bien vite, ceux qui étaient restés bouche bée mirent la main à la pâte, proposant nourriture, boisson et couvertures. Se défaire d’une de leurs rares possessions constituait un grand sacrifice, mais on pouvait compter sur les doigts d’une main ceux qui ne firent aucun geste.

Les premiers jours, la tension fut palpable. Tous attendaient de voir quel serait l’impact de ces nouveaux arrivants, mais, au cours, des premières quarante-huit heures, ils furent quasiment invisibles, se reposant sur les lits improvisés. Le Dr Lapakis leur rendit visite et remarqua qu’ils souffraient tous, non seulement à cause de la lèpre, mais aussi d’un voyage rigoureux au cours duquel ils avaient été privés de nourriture, d’eau et d’un abri pour se protéger du soleil. Il leur faudrait plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou même années, pour se remettre des mauvais traitements subis avant leur départ d’Athènes. Lapakis avait entendu dire qu’il n’y avait pas de véritable différence entre l’hôpital et la prison, située à quelques centaines de mètres de ce dernier, dans les faubourgs de la capitale. On racontait que les lépreux se nourrissaient des restes des prisonniers et s’habillaient avec les défroques prises sur les cadavres. Lapakis eut tôt fait de découvrir que ce n’était pas un mythe. Tous les patients avaient subi des traitements barbares, et le groupe envoyé en Crète s’était placé à la tête de la rébellion. Pour la plupart instruits, ils avaient organisé une grève de la faim, fait passer clandestinement des lettres à des amis et des politiciens, ainsi qu’attisé le ferment de la contestation. Plutôt que d’accepter la moindre réforme, le chef de l’hôpital avait résolu de les envoyer ou, pour reprendre les termes qu’il avait choisis, de les « transférer dans un lieu plus adapté ». Leur expulsion à Spinalonga avait marqué la fin d’une ère pour eux, et le début d’une nouvelle pour l’îlot. » Victoria Hislop.

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